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[conférence en direct] Echecs en dentisterie adhésive : causes et prévention.
Dépassons les frontières pour
partager notre expérience !
En pratique quotidienne, la finalité de
tout traitement restaurateur et prothétique
réside dans son intégration biologique,
esthétique et fonctionnelle. La pérennité
de ces restaurations dépend non
seulement du ou des matériaux choisis,
mais aussi de leur mise en oeuvre. Pourtant,
combien de restaurations collées
sont encore déposées chaque jour pour
persistance de sensibilités post opératoires
ou pour raison esthétique ? Combien
tombent spontanément sans qu’on n’en
connaisse la raison ? Ne vous est-il jamais
arrivé de voir un joint prothétique se colorer sans savoir pourquoi ni que faire ?
Bref, nous allons lors de cette séance essayer
de comprendre l’influence de l’opérateur
sur ces traitements, mais surtout
de trouver les bonnes pratiques pour
nous prémunir de ces échecs, et de bien
d’autres !
1. Les échecs en dentisterie adhésive
directe dans les secteurs postérieurs,
par Annie Saint Georges (Université
de Montréal, Québec)

Les résines composites ont changé
considérablement depuis leur introduction
au milieu des années 1960 et ce,
grâce aux améliorations apportées au niveau
de leurs propriétés physiques et mécaniques.
De nos jours, basés sur les recherches
de laboratoire et clinique, la
mise en place d’une restauration en résine
composite combinée à une utilisation
appropriée d’une résine adhésive est
une alternative acceptable, voire même
souhaitable, pour les dents postérieures
qui nécessitent d’être restaurées.
Bien que la longévité des restaurations
adhésives directes en composite
semble être comparable aux restaurations
en amalgame, il est primordial de
comprendre que cette longévité est directement
reliée à certains facteurs tels que
la largeur de la restauration, le risque carieux
que présente le patient mais aussi,
la technique utilisée par le dentiste. Il ne
fait aucun doute que la mise en place
d’une restauration adhésive directe au niveau
du segment postérieur représente
des défis auxquels le dentiste est
confronté et pour lesquels il se doit d’être
suffisamment méticuleux pour les contrer.
L’un de ces défis est d’arriver à faire
le collage de la restauration grâce à l’application
d’une résine adhésive qui se
doit d’être appliquée simultanément sur
l’émail et la dentine. Déjà, cela représente
un exploit en soit puisque ces deux tissus
dentaires calcifiés sont structurellement
différents et réagissent différemment selon
la technique adhésive utilisée, à savoir
celle qui utilise le mordançage total
ou l’autre catégorie, l’auto mordançage.
La réalisation d’une restauration en résine
composite est un art, non seulement
au niveau du résultat esthétique dont il est
possible d’obtenir, mais aussi au niveau de
son exécution. Comme un artiste, le dentiste
ne peut se permettre de sauter une
étape dans l’espoir d’accélérer la procédure
car le risque d’échec est trop grand.
En effet, l’obtention du résultat final nécessite
tellement d’éléments clés sur lesquels
le dentiste doit porter une attention particulière.
Si l’un de ces éléments fait défaut,
à savoir l’isolation du champ opératoire,
l’application de la résine adhésive, l’insertion
et la polymérisation de la résine composite,
les effets secondaires se font ressentir
très rapidement. L’un de ces effets
secondaires est la sensibilité post-opératoire.
La sensibilité sous une restauration
directe peut créer une sensation désagréable
pour le patient et représenter un véritable
casse-tête pour le dentiste puisque
les causes peuvent être multiples. La
connaissance des matériaux susceptibles
de minimiser cette sensibilité résiduelle et
l’utilisation d’un protocole clinique empreint
de rigueur sont essentielles au traitement
d’une dent pulpée recevant ce type
de restauration.
La création d’un point de contact adéquat,
c’est-à-dire suffisamment fort et de
bonne dimension, autant bucco-lingualement
qu’occluso-gingivalement, est un
autre défi auquel le dentiste doit faire
face lors de la réalisation d’une Classe II
en résine composite. Plusieurs systèmes
de matrice existent et ils sont tous pertinents
à un moment ou à un autre, selon
les situations et les cas cliniques. Évidemment,
certains trucs et astuces doivent
être parfois jumelés à ces matrices et aux
coins de bois pour obtenir une forme de
contour proximale et une embrasure gingivale
adéquates.
2. Comment éviter les échecs des restaurations
directes du secteur antérieur,
par Marie Clément (Université
de Lyon)


Devant une perte de substance faible à
moyenne au niveau antérieur, la méthode
directe de stratification de composite
répond à tous nos impératifs. Celle-ci
autorise également une préparation minimale,
répondant à un concept de dentisterie
la moins invasive possible. Ces restaurations
directes du secteur antérieur
sont donc aujourd’hui largement utilisées
dans notre pratique quotidienne.
L’évolution des composites traditionnels
vers des composites à haut rendu esthétique,
conçus pour la technique de
stratification, l’utilisation de clés en silicone
et le positionnement de petites masses
de composite de manière anatomique,
permettent aujourd’hui de réaliser des
restaurations de grande qualité mécanique,
fonctionnelles et esthétiques.
Toutefois une telle séance constitue
souvent un challenge pour le praticien et
un geste thérapeutique difficile à
conduire. En effet, des échecs peuvent
survenir. Ces derniers sont essentiellement
de deux types au niveau antérieur : les échecs mécaniques et les échecs esthétiques.
Les échecs mécaniques, constitués par
la dégradation ou le décollement des restaurations,
peuvent être évités avec un
choix du matériau adhésif spécifique à ce
secteur, et une procédure clinique rigoureuse
qui sera détaillée.
Les échecs esthétiques sont eux majoritairement
constitués par des problèmes
de forme de couleur, d’état de surface
ou encore de visibilité du joint.
L’analyse pré-opératoire de la ou des
dents à restaurer est indispensable afin
de mettre en place une méthodologie
opératoire raisonnée pour des restaurations
fonctionnelles et esthétiques dans
ces secteurs antérieurs. La qualité esthétique
d’une restauration est liée principalement
à sa capacité à simuler l’ensemble
des caractéristiques optiques des
tissus naturels que sont la dentine et
l’émail. Dans le but d’obtenir une simulation
la plus proche possible de ces tissus,
les techniques de stratification, avec un
choix de matériaux adaptés, seront décrites
et la procédure clinique rigoureuse,
essentielle à la réussite et à la pérennité de ces restaurations, sera détaillée
étape par étape
3. Approche clinique rationnelle visant
à limiter le risque d’échec des
restaurations indirectes collées, par
Alain Vanheusden (Université de
Liège, Belgique)
Les techniques de prothèse fixe
conventionnelles de ponts et couronnes
sur dents naturelles, voient aujourd'hui
leurs indications diminuer au profit de
techniques plus respectueuses de l'organe
dentaire et de son environnement.
Celles-ci associent une réduction minimale
des tissus amélo-dentinaires encore
présents et la restauration de la dent
grâce à une liaison physico-chimique performante
et durable entre la restauration
et le pilier.
Cette philosophie de traitement interceptive
s'inscrit dans le concept thérapeutique
de la bioémulation qui consiste
à traiter une dent en réduisant au strict
minimum son capital tissulaire et en la
restaurant par un biomatériau adapté à
sa composition, sa fonction et son esthétique.
Elle permet, en outre, d'augmenter
sa durée de vie en réduisant significativement
les complications biologiques et/ou
de retarder son remplacement par un implant.
Si ces techniques se montrent aujourd'hui,
au moins, tout aussi performantes
et fiables que d'autres plus traditionnelles,
elles nécessitent toutefois une bonne
connaissance des biomatériaux à employer
ainsi que le respect de protocoles
cliniques rigoureux.
L'objectif de cette séance « internationale
» est d’insister sur les principaux éléments
cliniques qui sont susceptibles
d’influencer l’échec ou la réussite de l’ensemble
de nos thérapeutiques faisant appel
à l’adhésion, qu’elles soient antérieure,
postérieure, directe ou indirecte.
Nous verrons donc :
• comment mettre en oeuvre sereinement
ces thérapeutiques adhésives,
• comment optimiser nos résultats esthétiques,
et leur durée de vie,
• et enfin quels matériaux (colles, adhésifs,
composites, …) choisir en fonction
des actes réalisés.